"-Voici mon secret. Il est très simple. On ne voit bien qu'avec le coeur; l'essentiel est invisible pour les yeux. Les Hommes ont oublié cette vérité (...). Mais tu ne dois pas oublier: tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé."

Antoine de St Exupery

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lundi 23 mars 2015

Détente avant une séance de travail monté: ma routine

La détente est un moment primordial dans la séance de travail. Personnellement, j'y accorde vraiment une grande importance et je mets un point d'honneur à y passer le temps qu'il faut. Quel que soit le contenu de ma séance, je commence toujours par le même type de détente. Puis, j'axe progressivement ma détente sur la discipline que je veux travailler et enfin j'attaque ma séance à proprement parler. Je vais donc vous présenter la première partie de ma détente, celle qui constitue en quelque sorte le tronc commun de toute mes séances.

En général, je passe 30 à 40 minutes à détendre puis 5-10 minutes sur ma détente spécifique puis 10 minutes sur de la nouveauté ou une difficulté et enfin 5-10 minutes de retour au calme.


1) Echauffement du cavalier au sol:
Je prends toujours quelques minutes pour m'échauffer au sol avant de monter. Voici les petits exercices que je pratique systématiquement:

- Flexions vers l'avant et flexions latérales du tronc:
Flexions latérales du tronc

Flexions vers l'avant du tronc: ne pas forcer sur les bras pour descendre mais se laisser simplement entraîner par le poids du corps

- Moulinets des bras et des poignets:
Moulinets des bras: à faire pas trop rapidement pour ne pas se faire mal et prendre le temps de bien faire le mouvement à fond pour que ça étire réellement les muscles

Moulinets des poignets

- Rotation du bassin et rotations du buste:
Rotation du bassin: à faire lentement pour pouvoir faire le mouvement correctement
Rotations du buste: les hanches ne pivotent pas, seul le buste tourne

- Etirement du quadriceps et du psoas:
Etirement du quadriceps

Etirement du psoas: super important, c'est lui qui permet à la hanche d'être souple et donc d'avoir plus de liant avec le cheval

- Moulinets des chevilles:

- Moulinets d'épaules et échauffement de la nuque:
Echauffement de la nuque

Moulinets d'épaules

Globalement, je passe un petit quart d'heure à m'étirer. Pas la peine de faire 50 séries de chaque mouvements. Il vaut mieux faire des séries de 5 à 10 mouvements fait dans le calme, la lenteur et avec une bonne respiration.


2) Marche à pied:
Je commence toujours mes séances par quelques tours de carrière aux deux mains et... à pied! Ca nous permet à tous les deux de nous mettre dans le travail. Pour le cavalier comme pour le cheval, ça permet de dérouiller le corps et de commencer à réveiller en douceur les muscles. Ca échauffe aussi en douceur avant de venir solliciter le dos au montoir notamment.


3) Etirement du cheval à pied:
Je divise ces étirements en deux temps: un temps de stretching pur et un temps d'assouplissement/mise aux ordres à pied.

- Stretching:
Je demande l'antérieur, j'étire vers l'avant (bien rester dans l'axe du corps), je maintiens quelques secondes (on doit sentir que le cheval ne résiste plus) et je ramène doucement le pied à sa place initiale en l'accompagnant. Je recommence deux ou trois fois pour chaque antérieur.
Je demande le postérieur, j'étire vers l'avant, je maintiens jusqu'à détente du cheval puis j'amène le pied vers l'arrière et je maintiens jusqu'à détente du cheval. Je fais quelques moulinets tout en douceur avec le pied avant de le reposer en l'accompagnant. Je fais cet exercice maximum 2 fois par jambe (c'est assez exigeant pour le cheval physiquement).
Je demande à nouveau le postérieur et j'étire vers l'avant puis vers l'avant/côté (sans désaxer le postérieur, et sans jamais tirer).
Je demande à la tête de descendre au sol et à rester en bas quelques secondes.

Je fais quelques pas avec mon cheval pour réactiver les muscles.

- Mise aux ordres:
Je fais pivoter les hanches et les épaules des deux côtés.
Je demande quelques flexions d'encolure à l'arrêt puis au pas à l'aide des rênes.
Je vérifie que j'ai du frein en demandant un arrêt à la voix.


4) Montoir:
J'utilise toujours un montoir pour me hisser sur le dos de mon cheval et éviter de lui tirer sur le dos.
Je monte rênes longues pour ne pas solliciter le bout de devant et j'attends toujours quelques secondes avant de m'asseoir dans ma selle (j'en profite pour stabiliser mon équilibre).


5) Echauffement aux trois allures:
Je fais quelques tours de carrière à chaque main sans solliciter mon cheval, en le laissant marcher à son rythme. Je reste rênes à la couture pour que le dos puisse s'étendre.
J'en profite pour me rééchauffer rapidement à cheval (exercices de mise en selle).
Je passe au trot enlevé, toujours rênes à la couture. Au début, je laisse mon cheval gérer son allure puis je demande un trot assez tonique (mais pas précipité). 
J'essaie de caler un maximum de changements de main et de courbes larges (grands cercles, grandes demi voltes, diagonales...). Je remonte progressivement sur mes rênes pour arriver sur des rênes souples.
Je marche un peu pour souffler et j'en profite pour déchausser mes étriers et faire quelques exercices de respiration pour me recentrer sur mes sensations à cheval.
Assez rapidement, je passe au galop. Je privilégie les départs dans le calme à partir du trot. J'essaie de rester rênes souples.


6) Incurvation et impulsion:
Pour la dernière partie de cette détente, je travaille l'incurvation sur des courbes de plus en plus serrées. J'agrandis/rétrécis le cercle. 
Je travaille au pas et au trot.
Je veille à avoir un cheval dans l'impulsion.
Je redemande des flexions latérales à l'arrêt et au pas.
Je sollicite gentiment les hanches.


Je sais que ça a l'air horriblement long présenté comme ça mais en fait on y passe pas plus de 40 minutes si  le cheval (ou le cavalier) a du mal à rentrer dans sa séance. Je pense que c'est assez complet pour échauffer cheval et cavalier (on oublie souvent de s'échauffer nous mêmes mais quand on a pris l'habitude de le faire, on ne peut plus s'en passer ;) ).

jeudi 19 mars 2015

Travail à pied: les pré-requis à la monte sans mors

Je reprends un article que j'avais attaqué il y a maintenant plusieurs mois avec une ébauche de ce que j'estime être les bases indispensables à acquérir à pied avant de commencer à monter sans mors.

Je passe sur les bases "comportementales" on va dire (donner les pieds, par exemple, ou la politesse aux repas ou pendant les déplacements) mais il est évident qu'avoir ces bases-là améliore significativement la qualité du travail avec son cheval.


Désensibilisation au stick:

La première étape est, pour moi, la désensibilisation au stick. C'est l'outil qui va nous servir une fois à cheval pour donner différentes indications. On va être amené à le manipuler dans tous les sens, à le passer d'une main à l'autre par dessus le cheval, à l'approcher de la tête, de la croupe... D'où l'importance de désensibiliser le cheval à pied aux différents mouvements. Une désensibilisation efficace est faite aux deux mains, dans le calme. On peut toucher le cheval avec le stick, l'agiter (parfois vraiment vite/fort) autour de l'animal, le caresser aux endroits sensibles que sont la tête, la croupe, le ventre...

Presque tous les grands noms du travail à pied! Véronique de St Vaulry, Elisabeth de Corbigny, Pat Parelli, La Cense...
Chez Parelli, ça correspond au jeu de l'amitié.
Pour varier et aller plus loin, on peut jouer au mec bourré en tanguant comme un dingue autour du cheval. Au début, ça le surprendra un peu (d'où l'utilité de désensibiliser ;) ). On peut aussi ajouter un sac plastique au bout du stick pour renforcer la désensibilisation.


Cessions au licol:

On compte 5 types de cessions au licol:
- cession vers le bas = le cheval baisse la tête quand la têtière et la muserolle du licol poussent la tête vers le bas;
- cession vers la gauche = le cheval tourne la tête sous l'action du montant droit du licol qui pousse la tête du cheval vers la gauche;
- cession vers la droite = idem cession vers la gauche mais vers la droite (évidemment);
- cession vers l'avant = le cheval avance sous l'action de la têtière qui pousse le cheval vers l'avant;
- cession vers l'arrière = le cheval recule lorsque la muserolle du licol le pousse vers l'arrière.

Le but, ce n'est pas simplement d'obtenir ces cessions (parce que sincèrement c'est pas bien compliqué, les chevaux comprennent assez vite en général) mais c'est surtout de les obtenir avec le plus de légèreté possible. J'insiste parce que c'est vraiment important: plus le cheval sera léger aux cessions, plus il sera léger sans mors une fois le cavalier en selle.

La méthode La Cense explique bien les cessions.


Déplacement des hanches / déplacement des épaules:

Personnellement, je trouve qu'il est plus facile de commencer par les hanches. Il peut être intéressant de travailler par aspiration ou bien en repoussant les hanches/épaules. Là aussi, le but est de réussir à être le plus léger possible.
Cet exercice va préparer la réponse à la jambe isolée et à l'arrêt d'urgence.


Flexions d'encolure:

C'est le deuxième exercice le plus important avant de passer à cheval. La flexion d'encolure permet de préparer l'arrêt d'urgence (et accessoirement d'assouplir le cheval, exactement comme lorsqu'on travaille avec un mors).

Attention! On voit souvent des flexions d'encolure super mal faites (même chez les pros d'ailleurs!).
Une bonne flexion d'encolure nécessite que la nuque reste relativement haute (pas dans les nuages, hein? juste le point le plus haut).
Une flexion ne se demande JAMAIS en tirant (même si on bosse en licol plat tout gentil). 

Pour ma part, je commence par travailler les flexions en licol puis je passe assez rapidement en side pull pour avoir mes deux rênes. La main intérieure contrôle le pli; la main extérieure contrôle la hauteur de la nuque. 

Avec une ou deux rênes, si la nuque s'effondre c'est pas bon.

Une bonne flexion d'encolure: le cheval est léger devant et tient sa nuque
Source
Certains font aussi le choix de ne pas chercher une position de nuque correcte, privilégiant la réactivité de la réponse du cheval ("Je demande la flexion" => "Mon cheval répond de suite, tant pis pour la nuque"). Perso, je suis pas pour. Si on ne crée pas un réflexe chez le cheval au niveau du placer de la nuque, on prend le risque d'avoir un cheval qui "s'appuie", en baissant la tête et en reportant tout son poids sur l'avant main. Quand on utilise l'arrêt d'urgence (qui consiste donc à plier le cheval pour couper la fuite en avant), s'il n'a pas le réflexe de remonter la nuque, on peut avoir un cheval qui devient lourd à la main et d'autant plus difficile à stopper.

Pour aller plus loin, on pense à travailler les flexions d'encolure à pied au pas et au trot. On peut même le faire aux longues rênes (mieux vaut être dans ce cas encadré ou s'être entraîné avec un cheval déjà bien mis sans mors parce qu'avec les longues rênes, la force des mains est décuplée donc attention aux faux mouvements).


Effets de rênes:

Dernière étape de la préparation au travail sans mors... apprendre la signification des différents effets de rênes!

On compte 4 effets de rênes:
- rêne d'ouverture (1er effet): j'écarte ma main vers la droite, le cheval tourne à droite;
- rêne contraire ou rêne d'appui (2ème effet): la rêne gauche "pousse" le cheval vers la droite;
- rêne directe d'opposition (3ème effet): la rêne droite agit légèrement vers le genou droit du cavalier, le cheval tourne à droite et les hanches se décalent vers la gauche;
- rêne contraire d'opposition: la rêne droite agit vers l'épaule gauche du cavalier en passant du côté gauche du garrot tout en restant devant le garrot (4ème effet), la tête est poussée vers la gauche et les hanches fuient vers la droite. Si la main droite passe en arrière du garrot (5ème effet), les hanches et les épaules se déplacent vers la gauche.

Source
Il est important que le cheval les maîtrise avec le cavalier à pied avant de l'avoir sur le dos. On travaille donc soit à l'épaule avec les deux rênes ou bien aux longues rênes.

On peut utiliser une méthode qui est celle utilisée par De Corbigny ou La Cense (je ne sais plus) qui consiste à travailler avec une seule rêne à droite puis une seule rêne à gauche pour enfin coupler les deux (une rêne + une rêne = 2 rênes). Je sais que ça fonctionne avec le mors donc ça doit pouvoir s'utiliser sans mors.

A noter: La rêne d'ouverture peut se pratiquer en side pull mais pas en Bitless, en Hackamore, en bosal... 
Bien garder à l'esprit qu'il ne faut JAMAIS tirer sur les rênes. Ca prend du temps, mais le but étant d'être le plus léger possible, c'est indispensable.


Je pense qu'on a un premier aperçu des exercices de base à travailler avant de pouvoir monter sans mors. Bien sûr, on peut étoffer selon ses besoins futurs mais, à mon sens, sans ces exercices-là, il est difficile de bien attaquer le travail sans mors. Avec ces bases par contre, on peut s'attaquer ensuite à tout ce que l'on fait dans l'équitation avec mors: l'arrêt, l'incurvation, le travail sur deux pistes... Tout est ensuite possible!

lundi 16 mars 2015

La cession de mâchoire sans mors: une utopie?

Dans la continuité de mon article sur la cession de mâchoire/flexions d'encolure/cession de nuque, une question m'est venue directement après: comment gérer la cession de mâchoire lorsque l'on monte sans mors?

C'est vrai que c'est un motif assez récurrent chez les opposants au "sans mors" et jusqu'à présent, je ne m'étais jamais vraiment attardée sur le sujet car la question ne s'est jamais vraiment posée pour moi. J'utilise habituellement le side pull lorsque je travaille un peu plus "cool" mais si je veux plus de finesse, je travaille en mors.

On va tenter de voir un peu les possibilités que nous offre la monte sans mors...


Comment fonctionne la cession de mâchoire?

Pour savoir si nous serons en mesure de reproduire la cession de mâchoire sans utiliser de mors, il faut déjà bien comprendre comment fonctionne "bio-mécaniquement" la cession de mâchoire.

Source
Au niveau du crâne du cheval, plusieurs muscles relient la mandibule (= la mâchoire du bas) à la langue et l'os hyoïde qui constituent une sorte de noyau central qui influe sur l'ensemble de l'avant main (nuque, encolure, sternum). L'hyoïde est notamment relié à l'articulation temporo-mandibulaire (ATM). 
Lorsque l'on actionne le mors au niveau des commissures, on crée un inconfort dont le cheval va chercher à se débarrasser. Le cavalier va alors relâcher la pression (= céder) et le cheval se mettra à déglutir. Cette action libère l'hyoïde qui lui-même va déverrouiller et décontracter l'ATM (= la nuque) ainsi que l'encolure et les épaules. 

Il est très important de retenir que les mâchoires serrées ne permettent pas le travail dans le bon sens: l'hyoïde n'est pas sollicité et l'ATM est alors verrouillée ce qui empêche la décontraction. Les mâchoires du cheval sont serrées dans plusieurs cas:
- encapuchonnement
- stress, inquiétude
- défense contre la main
- muserolle trop serrée
Avec une mâchoire serrée, impossible pour le cheval d'ouvrir la bouche pour répondre à l'inconfort généré par la pression du mors sur la commissure des lèvres. Impossible donc d'obtenir une cession de la mâchoire.


A quoi sert la cession de mâchoire?

Selon Philippe Karl, la cession de mâchoire a différentes vertus:
- Elle renseigne sur l'état moral du cheval: La bouche est un moyen de communiquer avec le cheval.
- Elle révèle l'état d'équilibre du cheval: Le cheval déséquilibré va serrer ses mâchoires, rendant la cession de mâchoire impossible.
- Elle développe la flexibilité générale: La cession de mâchoire, par son influence sur l'ensemble de l'avant main, permet de plier plus facilement l'encolure et le rachis.
- Elle est facteur d'impulsion: Elle facilite le contact avec la main et donc la confiance du cheval dans la main et l'incite à se porter en avant.

Reprenons ces éléments point par point pour voir si la cession de mâchoire est absolument nécessaire dans chacun de ces cas.

- Elle renseigne sur l'état moral du cheval: On peut se passer de la cession de mâchoire. D'autres signes peuvent nous renseigner à ce sujet.
- Elle révèle l'état d'équilibre du cheval: Il y a d'autres moyens de sentir le déséquilibre du cheval. Néanmoins, le mors est, selon moi, un outil précieux à ce niveau. Pour me servir également du side, je trouve qu'on met beaucoup plus de temps à sentir le déséquilibre du cheval avec le side pull qu'avec le mors. La cession de mâchoire est donc utile puisque indispensable lorsque l'on utilise un mors.
- Elle développe la flexibilité générale: Là dessus, je trouve vraiment que la cession de mâchoire apporte un vrai plus.
- Elle est facteur d'impulsion: Même si l'impulsion ne se résume pas à la cession de mâchoire, celle-ci apporte là aussi un vrai plus parce qu'elle aide le cheval à comprendre comment fonctionne le mors et comment le gérer.

Pour moi, il s'avère tout de même délicat de se passer de cession de la mâchoire dans le travail.
Certains pros "sans mors" affirment que la cession de mâchoire ne sert à rien à partir du moment où l'on utilise pas le mors. Ce serait juste si le seul rôle de la cession de mâchoire était de faire accepter le mors au cheval. Mais c'est loin d'être le cas...
Le simple fait qu'elle participe à la décontraction du cheval la rend, à mon sens, intéressante à utiliser (et n'allez pas me dire que le cheval monté sans mors est toujours décontracté, je n'y croirais absolument pas...). Je suis d'accord que le simple fait de mettre un mors dans la bouche de son cheval induit un certain nombre de contractions musculaires qu'il est nécessaire de débloquer au moyen notamment de la cession de mâchoire mais le fait de monter sans mors ne veut pas dire que l'ATM est parfaitement déverrouillée en permanence (on l'a vu plus haut justement: un simple stress peut générer le blocage des mâchoires et donc verrouiller l'ATM).


Peut-on obtenir une cession de mâchoire sans mors?

Alors déjà, le gros point noir c'est que la cession de mâchoire se demande sans muserolle (sans muserolle serrée en tous cas) donc ça complique pas mal les choses étant donné que la plupart des ennasures présentent une muserolle qui nécessite d'être assez ajustée pour ne pas tourner et devenir inconfortable ou inefficace.

Il y a toujours la solution de la demander "mécaniquement" en remplaçant en quelque sorte le mors par le pouce placé à la commissure des lèvres mais du coup, on ne peut travailler la cession de mâchoire qu'à pied et on ne peut plus l'utiliser à cheval (parce qu'on n'a pas des bras extensibles et qu'on a souvent une muserolle qui entrave le jeu des mâchoires). Mais finalement une fois à cheval, j'ai l'impression qu'on se sent bien couil*on...

Finalement, je pense que la solution c'est de chercher à déjouer les contractures éventuelles par d'autres moyens que la cession de mâchoire. 
Je vois une piste à creuser qui peut être intéressante: bien travailler les cessions à la pression de la muserolle, de manière à ce que ça devienne réflexe pour le cheval. Ca donne déjà une première possibilité d'agir sur le nez et "la bouche". D'ailleurs, un cheval travaillé dans le bon sens mâchouille même sans avoir de mors dans la bouche.

En fait, je pense que la grande différence entre la monte avec mors ou sans mors, c'est qu'avec le mors, la décontraction est un pré-requis au travail dans le bon sens alors que sans mors, la décontraction est la résultante d'un travail bien mené.
Avec le mors, le travail dans le bon sens nait de la décontraction de la mâchoire. Sans mors, le travail dans le bon sens vient du boulot mené sur les postérieurs (impulsion) et le rachis (incurvation).


Pour conclure, je dirais qu'il est techniquement difficile (voir impossible) d'obtenir une cession de mâchoire sans mors. Néanmoins, cela ne signifie pas qu'il est impossible de travailler dans le bon sens sans mors (et donc sans cession de mâchoire) mais il faut alors réussir à s'éloigner de ce que peut nous enseigner le Bauchérisme et l'équitation classique pour développer une nouvelle logique de progression dans le travail.

samedi 14 mars 2015

Cession de mâchoire, flexion d'encolure, cession de nuque

S'il y a un écuyer dont j'admire le travail, c'est bien Philippe Karl. Cet ancien écuyer du Cadre Noir a fondé "L'Ecole de Légèreté", courant de pratique équestre qui s'appuie sur les principes suivants:
- respect du cheval, de son intégrité physique et de son mental;
- exclusion d'artifices coercitifs (muserolles serrées, enrênements...).
Il s'agit d'une méthode - presque une philosophie - de pratique de l'équitation qui s'adresse à tous types de chevaux et à toutes les disciplines équestres. Elle repose (dans les très très grandes lignes) sur l'autonomisation du cheval et un principe de confort/inconfort qui est rapidement compris par le cheval: celui-ci va donc rapidement apprendre à donner la "bonne réponse" dès l'ébauche de demande formulée. On gagne ainsi en beauté dans le geste et on conserve la fraîcheur du cheval.

Je n'oserais pas ici exposer plus en détails cette méthode, n'ayant pas suivi l'enseignement de Philippe Karl mais il y a concept que j'utilise depuis que j'ai ma jument et qui m'a énormément aidé à une période où elle était plutôt fâchée avec le mors: la cession de mâchoire.


Qu'est-ce que la cession de mâchoire?

Le cheval cède au niveau de sa mâchoire à partir du moment où il mobilise la mandibule (= la mâchoire du bas) et la langue. La nuque, l'encolure et les épaules se décontractent. Le bout de devant devient alors flexible. 

Concrètement, quand il y a cession de mâchoire, on sent que le cheval "suçotte" son mors. Celui-ci ne semble plus "bloqué" entre les mâchoires. Le contact avec la bouche devient moelleux et on retrouve une communication avec le bout de devant. C'est vraiment une sensation particulière, difficilement explicable par écrit et qu'il faut, je pense, avoir vécu au moins une fois pour vraiment comprendre et surtout sentir ce qu'il se passe à ce moment-là.

Cession de mâchoire au galop: les rênes sont souples, l'encolure reste relevée, la mâchoire s'ouvre et le cheval déglutit.
Source
L'Hotte a très bien décrit le phénomène (et Philippe Karl le cite par ailleurs): "La décontraction de la bouche consiste essentiellement en un mouvement de la langue analogue à celui qu'elle exécute pour la déglutition, la mâchoire inférieure ne s'écartant de la supérieur que dans la mesure nécessaire pour permettre le mouvement de la langue."


Pourquoi utiliser la cession de mâchoire?

La cession de mâchoire permet, on l'a vu, de décontracter la bouche et donc de rendre le cheval plus perméable à nos actions et nos demandes. Le dialogue s'instaure et l'on peut commencer à travailler dans la suggestion plutôt que dans la contrainte.

Pour schématiser: 
- mâchoires crispées = bouche bloquée = nuque verrouillée = cheval "braqué"
- cession de mâchoire = bouche débloquée = nuque déverrouillée = cheval perméable aux actions.

Cette cession de mâchoire, couplée à un travail effectué dans le bon sens, va conduire à obtenir la mise sur la main. La mise sur la main est donc la conclusion, l'aboutissement d'un travail bien mené et pas un pré-requis au travail. En pensant de cette dernière façon, on aura certes un certain placer de la tête mais celui-ci sera totalement artificiel et "faux" puisque bien souvent cette forme de placer va de paire avec un dos creux et des postérieurs 15km derrière le cheval. Pire encore, il pourra constituer une forme de défense du cheval face à une main trop dure (c'est le cas du cheval qui s'encapuchonne pour se soustraire à cette main qui le contraint trop fort).

La cession de mâchoire, en détendant tout le bout de devant, couplée à un travail mené principalement sur l'impulsion et l'assouplissement va aider le cheval à utiliser tout son corps dans le bon sens: les postérieurs s'engagent sous la masse, les abdominaux travaillent et "poussent" le dos vers le haut, le dos remonte, l'encolure s'arrondit et la tête vient se placer correctement, le cheval dialoguant avec la main au moyen de son mors.


Comment obtenir la cession de mâchoire?

On l'a vu, la cession de mâchoire suppose que la langue puisse fonctionner de manière assez libre. Pour le permettre, il faut commencer par renoncer à travailler avec les mains basses. En effet, une main basse agit sur la langue; il sera donc impossible d'obtenir une quelconque décontraction de la langue en agissant justement dessus. 

On commence par relever l'encolure du cheval de manière à le rendre "plus léger" à l'avant et éviter qu'il ne s’appuie sur la main. Il a ainsi toute latitude pour utiliser ses articulations (mâchoire et nuque) sans se retrouver bloqué.

On place ensuite les mains assez haut (sans tirer surtout!) par rapport à la bouche du cheval. On met du contact (toujours sans tirer) pour solliciter la bouche au niveau de la commissure des lèvres. 

Dès que la bouche s'ouvre, on relâche: on baisse les mains et on réduit le contact au minimum. C'est ce qu'on appelle la descente de mains.

Petit à petit, on va obtenir un cheval qui cède de plus en plus vite et longtemps à des demandes de plus en plus discrètes.

Une fois la cession de mâchoire maîtrisée. on va travailler les flexions d'encolure.


Qu'est-ce que la flexion d'encolure et comment l'obtenir?

Il y a flexion d'encolure tout simplement à partir du moment où le cheval vient plier son encolure à un angle plus ou moins aigu.

Flexion d'encolure
Source
La flexion d'encolure doit toujours être obtenue dans le calme et la décontraction. Une flexion se demande et se travaille progressivement mais elle ne se prend jamais. Fléchir l'encolure de force, c'est un peu comme si on nous forçait à travailler un muscle pendant une crampe: ça fait mal, c'est stressant et ça n'aboutit à rien du tout à part abîmer un peu plus le corps (et le mental).

On peut la demander à pied d'abord puis à cheval. A pied, on peut la demander vers soi (je suis à droite de mon cheval et je lui demande de plier vers la droite) ou vers l'opposé (je suis à droite de mon cheval et je lui demander de plier vers la gauche). Il faut bien entendu la travailler des deux côtés. 

A pied, on se place à hauteur de la tête du cheval, à droite (pour l'exemple) avec un cheval à main gauche. Notre main gauche va gérer la rêne intérieure (passée par dessus la nuque); notre main droite vient se placer dans l'anneau extérieur du mors. On pousse ensuite doucement la tête du cheval afin qu'il ploie l'encolure. Une fois le pli obtenu, on ne relâche pas tout de suite: on demande une cession de mâchoire. Dès qu'on l'obtient, on passe en descente de main.

L'idée est de réussir à obtenir des flexions d'encolure à 90° dans la décontraction. La flexion d'encolure apprend au cheval à tendre sa rêne extérieure.


Qu'est-ce que la flexion/cession de nuque et comment l'obtenir?

La flexion de nuque ou cession de nuque est l'action par laquelle le cheval va céder dans sa nuque et abaisser plus ou moins celle-ci.

C'est l'aboutissement du travail mené sur les cessions de mâchoire et flexions d'encolure.

On commence par demander une cession de mâchoire puis une flexion d'encolure. Au lieu de relâcher, on va résister sur la rêne extérieure afin de provoquer une flexion de nuque (le bout du nez descend et s'avance). On accompagne le mouvement avec les main puis on redemande une cession de mâchoire et on passe en descente de main.
Attention à ne pas demander de flexion de nuque AVANT la cession de mâchoire et la flexion d'encolure. La nuque doit toujours rester ouverte afin de rester mobile. L'angle tête/encolure viendra se fermer de lui-même avec le travail. Un cheval qui se mettrait de lui-même à fermer l'angle tête/encolure alors qu'on lui demande une cession de mâchoire est un cheval en défense qui cherche à échapper à la main. Une nuque fermée trop tôt à tendance à mettre le cheval dans un équilibre assez précaire sur les épaules.


Qu'apportent ces exercices? Dans quels cas les utiliser?

Ces exercices sont utiles à toutes les étapes du travail du cheval. Ils vont permettre d'instaurer ou de restaurer la décontraction indispensable à une progression et un travail dans le bon sens. Ils permettent également au cheval de comprendre comment fonctionne le mors, la main et ce qu'on attend de lui. Enfin, ils permettent de créer une base de travail vers laquelle se tourner lorsqu'on se trouve dans une situation conflictuelle avec le cheval.

On devrait donc les apprendre au cheval dès le débourrage.

Au niveau du choix du mors (qui a ici toute son importance), privilégier un mors simple que l'on maîtrise bien (on peut bien entendu faire ces exercices avec une bride complète mais encore faut-il avoir la main qui va avec...): mors à aiguilles, mors Chantilly, Verdun, à olive, Baucher (à défaut un Pessoa sur lequel on fixera les rênes sur le gros anneau)... 

Si le cheval à une bouche muette (cheval très figé dans sa bouche, en conflit avec la main ou en passe de l'être), utiliser des matériaux plus décontractants (cuivre, Cyprium, Aurigan...) ou des types de mors qui incitent au jeu de la langue et des mâchoires (mors à jouet par exemple).

Si au contraire le cheval à une bouche bavarde (attitude non fixe, cheval qui joue beaucoup trop avec son mors, mâchouillage acharné...), utiliser des mors droits, en résine ou recouverts de cuir pour inciter au contact calme.

Pour le cheval qui a tendance à mettre sa langue n'importe comment (par dessus le mors, hors de la bouche), on peut utiliser temporairement des mors anti passe langue mais tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'une solution transitoire pour aider le cheval à comprendre ce que l'on attend de lui et pas d'une solution permanente. Eh oui, utiliser un anti passe langue qui a pour effet de bloquer la langue alors qu'on cherche justement à utiliser son mouvement pour décontracter le cheval, c'est un peu paradoxal, non?

Une fois les différents exercices mentionnés plus haut acquis à l'arrêt, il s'agit de les réutiliser à bon escient dans nos séances. Pour cela, on va commencer chaque exercice par une cession de mâchoire + flexion d'encolure + cession de nuque. Une fois celle-ci obtenue, on demande le mouvement en avant. Dès que le cheval commence à peser à la main, devient un peu lourd à l'avant, on l'arrête et on redemande cession de mâchoire + flexion d'encolure + cession de nuque.


Et pourquoi ne pas utiliser des enrênements pour gagner du temps?

Les enrênements ont l'énorme inconvénient de "contraindre" (on dit souvent "inciter" pour faire moins méchant) le cheval à adopter une certaine attitude. On a alors bien souvent un cheval qui se place comme on le souhaiterait à l'avant mais le reste ne suit pas: la locomotion est entravée, les muscles travaillent dans la contraction et la tension, le dialogue main/bouche, parasité par l'action de l'enrênement ne peut plus se faire convenablement. La main ne joue plus son rôle de pédagogue et de guide, c'est l'enrênement qui prend ce rôle mais comme ce n'est ni plus ni moins qu'un tas de ficelles , ça conduit le cheval à percevoir une sorte "d'injustice" dans la main (l'enrênement ne sait pas rendre au bon moment comme la main pourrait le faire).

Je ne m'attarderai pas sur les muserolles mais qu'on en utilise une ou pas (les croisées et allemandes sont vraiment à éviter à mon sens au moins pour ce genre de travail), veiller à ce qu'elle ne soit pas trop serrée afin de permettre le jeu des mâchoires et de la langue.

vendredi 27 février 2015

La leçon indispensable des frères Pignon

La Leçon Indispensable des frères Pignon est un documentaire diffusé sur Equidia il y a maintenant quelques années. Il aborde, dans les grandes lignes, la philosophie de Jean-François et Frédéric Pignon, stars du spectacle équestre.

Dans ce reportage, Valérie Guignabodet est allée à la rencontre des frères Pignon à Cavaillon dans le sud de la France et a eu l'opportunité de profiter de leur leçon indispensable pour bien commencer le travail à pied.

On ne peut pas parler ici de méthode puisque les frères Pignon ne souhaitent pas se revendiquer de tel ou tel courant de pensée. Il s'agit plutôt de grandes "règles" qui permettent d'initier un début de relation entre l'humain et le cheval. 
1. Prendre sa place de dominant
2. Imposer son espace
3. Ne jamais reculer
4. Rester toujours calme
5. Savoir faire redescendre la pression
6. Finir les mouvements
7. Faire varier l'énergie
8. Ne rien exiger
9. Préserver l'envie du cheval

Au delà de ces règles, la base de tout c'est vraiment l'amour comme ils le disent si bien, le fameux "sentiment équestre" que l'on retrouve chez plusieurs auteurs et maîtres.

Ce que j'en retiens c'est déjà qu'il n'y a rien de magique ou de novateur dans le sens où on retrouve ces concepts dans la plupart des méthodes de travail à pied (Bigot, La Cense, VSV). En revanche, là où je trouve ça juste génial, c'est que leur façon de travailler va au-delà d'une méthode; c'est une philosophie de vie, une façon de concevoir le cheval comme un partenaire. 
Les chevaux gardent ainsi toute leur fraîcheur. On ne voit pas de chevaux lobotomisés comme on peut trouver parfois. Là, le cheval est libre de s'exprimer. Raison pour laquelle ce n'est pas accessible à tout le monde car il faut à mon sens un excellent tact équestre pour être capable de savoir quoi faire et quand lorsqu'on laisse au cheval la possibilité d'être... un cheval! 

C'est vraiment une belle leçon d'équitation et de vie que tout cavalier devrait voir au moins une fois.

mardi 20 janvier 2015

[Méthode] La Cense

Comme annoncé un peu plus tôt, je viens d'acquérir les 8 DVD et les 4 jeux de fiches de la méthode La Cense. On trouve déjà énormément d'avis concernant cette méthode sur le net mais bon, faut bien que j'alimente un peu mon blog.


Présentation:

Né en 1970 en Australie, Booth a grandit auprès de ses parents, agriculteurs dans le bush et est mis à cheval très jeune. Il rencontre Pat Parelli en 1989 et devient son élève. En 2000, il se rend en France pour la première fois afin de débourrer des chevaux au Haras de la Cense, élevage de Quater Horses. Par la suite, il devient responsable pédagogique au sein de ce même haras et rédige sa méthode qui devient par la suite "la méthode La Cense".

La méthode La Cense est une méthode créée et rédigée par Andy Booth et s'appuie donc sur les jeux de Parelli mais elle est également le fruit de l'expérience d'Andy Booth. 


Organisation:

La méthode La Cense se divise en 3 cycles. Chaque cycle comprend un ou plusieurs "niveaux" appelés "degrés". Le cycle 1 correspond aux 4 premiers degrés, le cycle 2 aux 3 suivants et le cycle 3 au dernier degré.

Les degrés 1, 2 et 5 se passent à pied. Les degrés 3, 4, 6 et 7 se passent à cheval.

Les degrés permettent une évolution progressive du cavalier et du cheval. Autrement dit, il faut globalement maîtriser le degré 1 pour attaquer le degré 2.


En revanche, la progression n'est pas linéaire à l'intérieur d'un degré. Les différents exercices sont organisés suivant des concepts (espace personnel, désensibilisation, ... etc) et donc on peut aisément "circuler" dans le degré. Il n'est pas indispensable de maîtriser l'exercice 1 pour passer au 5 par exemple (à part peut-être pour le degré 1 qui pose vraiment les bases du respect dans les deux sens).


C'est le côté qui me plait dans cette méthode: c'est très structuré et très organisé donc plus simple à comprendre. Ca aide énormément à construire ses plans de séances. Par contre, et c'est l'inconvénient, ça peut être un peu rigide. Au cavalier de savoir faire preuve de bon sens pour adapter la méthode au cheval (et non pas l'inverse!).


Concepts généraux:

La méthode La Cense met énormément l'accent sur la sécurité et j'ai vraiment apprécié car c'est pour moi l'élément le plus important dans le travail avec les chevaux (et ça va de paire avec le respect bien entendu!). Les deux premiers degrés se passent à pied et permettent de poser les bases d'une relation de confiance entre cheval et cavalier et de donner à ce dernier les clés afin de pouvoir manipuler son cheval en toute sécurité. 

Les deux degrés suivants se passent à cheval. On va petit à petit transposer les concepts intégrés à pied en étant en selle tout en continuant à développer la sécurité (flexions latérales).

Je ne parlerai pas des degrés suivants étant donné qu'à l'heure où j'écris ces lignes, je ne m'y suis pas encore plongée.


Mon avis:

Globalement, la méthode La Cense est pas mal fichue. La progression est claire et logique. C'est assez bien expliqué et le gros gros plus c'est qu'il y a les fiches ET les vidéos. Bon après il y a à prendre et à laisser mais c'est comme dans toute méthode.
Par contre, là où je crains un peu cette méthode, c'est pour tout le côté marketing qu'il y a autour: le matériel pseudo spécifique, les stages hors de prix... C'est beaucoup trop commercial à mon goût et du coup ça rend le côté "méthode créée dans l'intérêt du cheval" moins convaincant mais bon...

Je pense quand même essayer de reprendre certains exos car finalement la progression prévue ressemble énormément à celle que j'avais préparée. Je pense néanmoins l'enrichir des exos d'autres méthodes qui me plaisent bien et surtout je compte travailler le plus possible en R+ avec le clicker. Je ne sais pas encore s'il me sera possible de concilier le R+ et la méthode La Cense mais je fais le pari au moins d'essayer!

vendredi 19 décembre 2014

Le cheval qui murmurait à l'oreille des humains...

Je suis tombée sur un article que j'ai trouvé super intéressant.

Une petite tradoche de mon cru, désolée si c'est perfectible...

"La plupart des propriétaires pensent savoir quand leur cheval a besoin de porter une couverture ou quand il peut s'en passer. Ne serait-il pas intéressant de savoir ce que le cheval en pense vraiment? Une étude suggère que l'on peut apprendre au cheval à utiliser des symboles pour exprimer sa préférence à ce sujet.

"Les chevaux peuvent apprendre le sens de symboles abstraits et utiliser cet apprentissage pour communiquer avec les humains." (...) L'étude a été menée par un groupe de chercheurs de l'Université Norvégienne des Sciences de la Vie. Le but du projet était d'apprendre aux chevaux à utiliser des symboles pour exprimer leurs préférences par rapport à la couverture.

Des entraîneurs professionnels ont mis au point un programme d'entraînement en 10 étapes. Les chevaux ont été entraînés 10-15 minutes par jour, 5 à 7 jours par semaine. Basé sur les principes du conditionnement opérant, les chevaux ont été entraînés à s'approcher puis toucher une planche (35 x 35 cm) avec le nez, sans hésitation.

L'entraînement implique de faire le lien entre les symboles visuels sur les planches et leur signification. L'un des symboles signifie "mettre la couverture", un autre "ne pas mettre la couverture". Une fois que le cheval a compris ces symboles, on en introduit un troisième qui signifie "pas de changement". On considère que le cheval sait utiliser les symboles lorsqu'on a pu avoir 14 "bonnes" réponses (cheval qui dit "ne pas mettre la couverture" en situation de temps chaud ou "mettre la couverture" en situation de froid intense).

Tous les chevaux ayant participé à cette étude (13 sang froids, 10 sang chauds de différentes races) ont appris à faire ça. La vitesse d'apprentissage varie selon les individus. Néanmoins, le libre choix a pu être effectif dans un délai de 13 jours pour tous les chevaux. A ce stade, les réponses données par les chevaux n'étaient pas influencées ou corrigées par l'entraîneur. et la réponse du cheval était systématiquement récompensée (respectée?). A partir de là, on a supposé que les chevaux comprenaient que leur libre choix, exprimé par l'action de toucher un symbole spécifique, déterminait la nature de l'action (mettre la couverture, l'enlever ou ne rien changer) et ainsi que les conséquences de ce choix sur leur confort.

Les préférences des chevaux ont été testées dans différentes conditions climatiques: soleil, vent, pluie, neige et températures allant de -15 à +20°C. Les chevaux ont été laissé dehors pendant 2h avant qu'il leur soit à nouveau donné la possibilité de changer ou de ne pas changer le "statut" de la couverture.

Les résultats ont révélé que les choix faits par les chevaux étaient constants sur le plan individuel (un même individu donne toujours la même réponse si les conditions climatiques sont identiques) et influencé par les conditions climatiques. Globalement, les sang froids préfèrent rester dehors sans couverture plus souvent que les sang chauds.

Les chercheurs en concluent que les chevaux peuvent apprendre la signification de symboles abstraits et les utiliser pour communiquer avec les humains, comme avec d'autres espèces animales."

Quelques notions qui peuvent servir...

Un conditionnement opérant ou conditionnement instrumental est un concept du comportementalisme (le comportementalisme étant une approche psychologique qui consiste à se concentrer sur le comportement observable déterminé par l'environnement et l'histoire des interactions entre un individu avec son milieu) initié par Thorndlike et Skinner dans les années 50. Cette théorie s'intéresse à l'apprentissage dont résulte une action et tient compte des conséquences de cette dernière rendant plus ou moins probable la reproduction de ce comportement.

Le conditionnement opérant repose sur deux éléments:
- la punition: conséquence d'un comportement qui rend moins probable que le comportement soit reproduit à nouveau
- le renforcement: conséquence d'un comportement qui rend plus probable que le comportement soit reproduit à nouveau
La punition et le renforcement peuvent être:
- négatif: retrait d'un stimulus agissant sur le sujet
- positif: ajout d'un stimulus agissant sur le sujet

Pour faire plus simple, voici quelques exemples:
- renforcement positif: donner une friandise pour un exercice réussi
- renforcement négatif: arrêter de tapoter l'antérieur quand le cheval lève son pied
- punition positive: faire reculer le cheval qui "bourre" l'humain
- punition négative: retirer la nourriture du cheval qui force la bulle de l'humain pour manger

Il ne faut surtout pas comprendre les termes "positif" et "négatif" comme "bien" et "mal" mais uniquement comme "ajouter" et "soustraire".

C'est notamment sur ces notions qu'est basé le travail en R+ ou Renforcement Positif, le principe étant de récompenser les bons comportements et d'ignorer les mauvais. On est parfois quasiment obligé d'utiliser en parallèle un peu de R- ou Renforcement Négatif.

Le travail mené par ces chercheurs m'a fait de suite pensé aux études menées sur les singes à qui on peut apprendre à communiquer via un langage accessible tant par l'humain que par l'animal (langue des signes, "ordinateur"...). Bon bien sûr, les singes c'est encore un autre niveau. Mais l'idée reste la même et j'imagine que les entraîneurs des singes utilisent les mêmes méthodes pour mener leur expériences. 

Alors perso, le coup des couvertures, je m'en fiche, je n'en mets pas à mes chevaux. Cependant, je me dis qu'on peut utiliser le même principe pour d'autres activités. J'ai bien envie de tenter avec mes loustics... Je vais devoir réfléchir aux expériences qu'il est possible de mettre en oeuvre à mon niveau avec mes installations...

dimanche 23 novembre 2014

{Djinko} Un point sur les acquis à ce jour

La phase 1 de mon échelle de progression est maîtrisée. Djinko se laisse approcher et caresser sur tout le corps. Il a été habitué au stick et n'en a pas peur. Il se laisse mettre et retirer le licol sans problèmes. Au clicker, l'exercice "clic-bonbon" est maîtrisé; "Touché-cliqué" aussi (même si cela reste encore timide pour le moment; il faut travailler pour systématiser la réponse). Nous avons aussi travaillé sur les déplacements en longe et c'est bénéfique: Djinko envahit beaucoup moins l'espace personnel de l'humain même si cela reste aussi à confirmer lorsque l'on passe du pas à l'arrêt. En ce moment, il teste un peu lorsqu'il n'a pas envie de se déplacer: il ancre ses 4 pieds dans le sol et "gèle" comme ça. En réponse, on avance en faisant des slalom pour inciter le bloc avant à rester mobile et on met de la pression dans la longe tant que Monsieur résiste (pression qui cesse dès qu'on a l'esquisse d'un mouvement en avant). Ca nécessite pas mal de patience et de self control mais c'est formateur (autant pour lui que pour nous!).

Dans la phase 2, les cessions au licol sont toutes maîtrisées. La marche en main également (cf ci-dessus). Il recule en licol, mais aussi en liberté à l'aide de la main sur le chanfrein ou sur le poitrail. 
Le reste est à travailler.

Je vais essayer de faire une petite vidéo regroupant tous les exercices maîtrisés. Ainsi, j'aurai un moyen de visualiser les progrès réalisés au fur à mesure. 

samedi 15 novembre 2014

Echelle de progression (2)

Je n'ai pas pu reproduire tel quelle mon échelle de progression donc je m'excuse par avance de la tronche que ça a mais ça a au moins le mérite de vous permettre de voir quels sont les points abordés et dans quel ordre...


PHASE 1

Etre approché, être touché, grattages

Habituation au licol

Clic-bonbon

Touché-cliqué

Attraper au pré

Protéger son espace personnel

Désensibilisation au stick

Mettre et retirer le licol en toute sécurité

PHASE 2

Cession au licol vers l'avant

Cession au licol vers le bas

Cession au licol vers l'arrière

Cession au licol vers la gauche

Cession au licol vers la droite

Marcher en main

Reculer

Politesse

La Statue

La main dans le sac

Introduire un code

Abaisser la tête

Jeter la longe par dessus la tête

En avant – pression directe et indirecte

Reculer – pression directe et indirecte

Flexions latérales

Conduire sur une serpentine

Arrêt et reculer en main

PHASE 3

Rester à l'attache

Pansage et soins

Politesse aux repas (application de l'exo « Politesse » au clicker)

Soins aux yeux

Toucher les oreilles

Vermifuges

Injections, piqures

Douche, spray

Donner les pieds (méthode au clicker)

Vas-y et Attends (méthode au clicker)

Conduire par l'antérieur

Se dégager d'une attache

PHASE 4

Premières rencontres, sociabilisation

Apprendre à aller flairer et franchir les monstres en main derrière l'éducateur

Contrat de distance en main

Mobilisation des épaules sur indication gestuelle

Gérer la peur des objets, les écarts

Le yoyo (méthode au clicker)

Poser un pied sur...

Déplacement des hanches – pression directe et indirecte

Déplacement des épaules – pression directe et indirecte

Pied sur le repère

Debout sur une caisse

Changer de côté dans un tournant

PHASE 5

Franchissement par envoi

Habituation aux accessoires de travail

Développement de l'indépendance

Préparation au promontoire

Rappel et suivi en liberté

Initiation à la longe

Initiation aux longues rênes

Salut de la Reine

Dire Oui et Non

Ramasser un objet

Croiser les jambes

Jambette

Pas espagnol

Jouer au foot

Préparation au cercle

Cercle simple

Transitions sur le cercle

Améliorer la posture sur le cercle

Petit cercle

Exercice avec cônes sur le cercle

Changer de main par le cercle

Changer de main par un demi tour sur les hanches

Ligne de demi cercles

Améliorer la posture sur le cercle

Petit cercle

Exercice avec cônes sur le cercle

Changer de main par le cercle

Changer de main par un demi tour sur les hanches

Ligne de demi cercles

Brider en douceur

Seller dans le respect du cheval

PHASE 6

Sauts par envoi

Montoirs variés

Extension d'encolure

Travail à la longe

Travail à pied classique

Travail aux longues rênes

Sauter un obstacle en liberté

Révérence

Reculer à partir d'une clôture

Reculer et quart de tour sur les épaules

Reculer entre deux cônes

Reculer sur un 8 de chiffre

Reculer jusqu'à une clôture

Barre au sol à reculons

Reculer le long d'une barre

Préparation aux déplacements latéraux

Pas de côté depuis l'avant

Pas de côté par pression directe et indirecte sur le flanc

Pas de côté au dessus d'une barre

Pas de côté sur le cercle

Reculer et pas de côté sur la ligne du milieu

Confiance dans les espaces confinés

Passage couvert

Le labyrinthe

Passage de gué en confiance

Saut d'obstacles

Conduire le reculer par la queue

Se mettre en selle avec un montoir

Cession de la mâchoire

PHASE 7

Premiers pas montés

Répondre aux mains

Balades avec alternance main/selle

Répondre aux jambes

Tirer un objet en toute confiance

Flexions latérales monté

Déplacement des hanches monté

Arrêt d'urgence et pied à terre

Déplacement des épaules monté

Huit de chiffre par l'intention

Flexion intérieure sur le cercle

PHASE 8

Approche de monstres et franchissements montés

Apprendre la piste

Rênes contraires

Accepter le contact

Jambe isolée

Départ au galop

Faire les coins

Tourner avec une rêne de support

Huit de chiffre avec une rêne de support

Hanches en dehors sur le cercle

Pas de côté sur le cercle

Agrandir et rétrécir le cercle

Hanches en dedans sur le cercle

Améliorer l'arrêt

Pas de côté le long d'une clôture

Jouer sur l'incurvation et la direction

Pas de côté sur un objet

Reculer en douceur

Reculer sur une barre

Le labyrinthe monté

Huit de chiffre aplati

PHASE 9

Equilibre sur une bascule

Améliorer le départ au galop

Monte à une main

Conduire en main à cheval

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