"-Voici mon secret. Il est très simple. On ne voit bien qu'avec le coeur; l'essentiel est invisible pour les yeux. Les Hommes ont oublié cette vérité (...). Mais tu ne dois pas oublier: tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé."

Antoine de St Exupery

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jeudi 26 février 2015

Mes cures, mes traitements

Etant une grande adepte du "naturel", j'utilise régulièrement des compléments alimentaires ou traitements issus de la médecine non conventionnelle.
Toutefois, je pense qu'il ne faut pas faire une croix sur ce que nous offre la médecine vétérinaire classique.
D'une manière générale, je réserve le "naturel" aux petits bobos et aux cures destinées à booster l'organisme. J'utilise par contre le chimique en cas de bobos plus grave ou "d'urgence".
Voici une petite sélection de mes préférées/testées...

CURES DE PLANTES:
Dans la nature, le cheval a accès à toute une gamme variée de plantes, ce qu'il ne retrouve pas avec le mode de vie que nous lui imposons aujourd'hui. Je rajoute donc régulièrement diverses plantes à mes rations afin de permettre à mes chevaux de tirer le meilleur profit de chacune d'elles.

- Artichaut: C'est une plante que j'aime beaucoup et qui est très appréciée par mes deux loustics. Je l'utilise deux fois par an, en cures d'un mois. Je le donne principalement séché sous forme de "copeaux" avant le début de l'hiver (juste après le vermifuge de septembre) et à la sortie de l'hiver (juste après le vermifuge de mars). Je l'utilise pour ma part principalement pour ses vertus détoxifiante et drainantes, raison pour laquelle je l'utilise juste après les vermifuges. 
Pour mémoire, il est déconseillé de drainer l'organisme plus de deux fois par an (ça tire fort sur les reins) et surtout, par pitié... ne drainez surtout pas en hiver (soit entre début novembre et début mars)!! Pour fonctionner correctement pendant la saison froide, l'organisme du cheval (son foie notamment) a besoin de "se charger". Le drainage a pour effet de décharger le foie et les reins. Autrement dit, faire un drainage en hiver, c'est saccager ce que le corps d'un cheval en bonne santé fait très bien tout seul.

- Ortie: Soit je la récolte moi-même, la laisse sécher et la broie, soit je la coupe dans mon pré et la laisse séchée à disposition de mes chevaux. L'ortie est connue pour ses propriétés multiples: détoxifiante, fortifiante, drainante, riche en minéraux, vitamines, fer... Il faut la couper au moment où elle est en fleurs; une fois sèche, elle ne pique (presque) plus et les chevaux savent en général bien gérer cette plante et y aller quand ils en ont besoin. Je n'ai donc pas à proprement parler de période de cure puisque je la laisse en libre service mais grosso modo ils en ont de juin à août. 

- Algue marine: Très riche en vitamines et minéraux, l'algue marine constitue un bon complément à la ration ménagère et au foin (en lieu et place des traditionnels CMV que l'on doit ajouter à la ration de céréales). Je la donne déshydratée sous forme de poudre, d'octobre (juste après le drainage) à fin février. En octobre et novembre, elle permet de donner un coup de pouce à l'organisme à la période où le cheval doit produire son poil d'hiver. De décembre à février, elle permet d'apporter un complément de vitamines pour passer l'hiver sereinement.

- Ail: J'ai pas mal utilisé l'ail en poudre ou en copeaux pour son action anti-insectes l'été et puis maintenant mes chevaux ont tendance à le bouder. J'en donne un peu de temps en temps en hiver pour booster les défenses immunitaires mais ça s'arrête là.

AUTRES CURES:
- Bière sans alcool: Oui oui :) Je donne une demi canette par jour et par cheval de bière sans alcool pendant 8/10 jours après chaque vermifuge. Ca remplace avantageusement la levure de bière et ça participe au bon équilibre de la flore intestinale (qui est bien bousillée après un vermifuge chimique).

- Argile: Il en existe de plusieurs couleur et chacune d'elles a sa spécificité. J'utilise essentiellement l'argile verte en traitement externe (sur les bobos, l'argile aspire toutes les impuretés et aide à éliminer les tissus morts) et en traitement interne (en cas de petite douleur digestive par exemple car elle a une fonction de pansement gastrique). 

- EM-a: Je ne vais pas m'attarder beaucoup dessus car en ce moment je ne m'en sers pas. J'en parlerais sans doute plus en détail dans un prochain article. Je les utilise en interne et externe quand j'ai besoin ponctuellement d'un gros soutien à l'organisme (c'est en partie avec ça que j'ai soigné la pourriture de fourchette de ma Yoyo).

- Huile: Je sais que ça a été une grande mode à un moment que de filer de l'huile aux chevaux. Je l'ai fait une seule fois pendant 1 ou 2 semaines parce que ma jument avait vraiment besoin de regrossir très très vite et que le froid était tombé d'un coup. Mais je ne suis pas trop pour... Le cheval ne consomme pas d'huile dans la nature, en tous cas pas d'huiles comme nos huiles de table classique et son système digestif n'est pas vraiment prévu pour ça. Pour ceux qui souhaitent quand même se lancer dans l'aventure, ne jamais donner l'huile plus d'un mois ni en grosses quantités (à la longue, l'huile empêche les nutriments de passer de l'intestin au sang donc on prend le risque de carencer le cheval).

TRAITEMENTS:
- Thym: Je le donne sous forme séchée, uniquement les feuilles. Le thym renforce l'organisme et et agit en soutien aux muqueuses des voies respiratoires, sensibilisées en hiver. Je le donne une petite semaine quand je sens un de mes chevaux un peu patraque en hiver. Pour bien faire, il ne faut pas le donner en infusion mais bien ajouté directement séché à la ration. 
Ma recette: Je remplace un repas de la semaine de traitement par un mash préparé avec la ration classique (je donne du grain trempé), des graines de lin (laxatives), de l'eau chaude, du thym, du miel (pour ses fonctions adoucissantes et apaisantes) et un peu de cannelle (propriétés antiseptiques, antivirales, facilite la digestion). Avec ça, l'organisme est mis au repos jusqu'au prochain repas (pas d'énergie à dépenser inutilement pour la digestion) et boosté pour lutter efficacement contre la fatigue passagère.

- Huile Essentielle de Tea Tree: Mon HE à tout faire! Elle présente très peu de contre-indications, n'est pas photosensibilisante et peu s'utiliser pure ou diluée. Elle a de très nombreuses propriétés: stimulant immunitaire, anti-bactérien, anti-viral, anti-fongique, anti-parasitaire... Je l'utilise autant pour les problèmes de peau, de pieds (pourriture de fourchette), désinfection du matériel de parage que pour chez moi (je nettoie ma salle de bain avec cette HE diluée dans du vinaigre blanc). C'est vraiment une HE à avoir chez soi.

- Huile Essentielle de Lavande fine: Une HE qui complète merveilleusement bien l'HE de Tea Tree. Elle est purifiante, régénérante, réparatrice. Je m'en sers moins que la Tea Tree mais elle forme une bonne synergie avec cette dernière pour ce qui concerne les problèmes de pourriture de fourchette. On peut compléter cette association par de l'HE d'Eucalyptus pour son action antiseptique et on a vraiment un trio assez complet qui peut couvrir pas mal de petits bobos du quotidien.


VERMIFUGES NATURELS:
Ce sont les vermifuges à base de plantes. J'ai testé sur 9 mois le Vers Trankill de chez AJC Nature. Je n'ai pas été convaincue. Je vermifugeais tous les deux mois pendant 10 jours avec la version en plantes séchées et 2 fois en 9 mois j'ai ajouté la version liquide. Au niveau des dosages, j'avais repris ceux indiqués sur la boîte. Mes chevaux étaient donc vermifugés au maximum de ce qu'il est conseillé de faire avec ces produits mais ça n'a pas empêché mon poulain de se retrouver plein de vers en novembre 2014. 
Ce ne sont pas forcément de mauvais produits en eux-mêmes mais ils sont à mon sens à réserver aux chevaux qui vivent dans des conditions particulières (plusieurs hectares de terrain, rotations bien régulières...). Pour mes loustics et moi, ça ne nous convient pas. 
Nous sommes donc repassé au chimique de ce côté-là.


Voila, vous avez maintenant un petit aperçu des produits que j'utilise le plus souvent. Il en existe plein d'autres bien entendu: aloe vera, miel... Je pourrais aussi parler de l'homéopathie que j'utilise quand je suis pas loin de devoir appeler le véto mais qu'il n'y a pas urgence vitale (quand mon poulain a fait un oedeme après sa castration par exemple), des Fleurs de Bach que j'utilise aussi quelques fois. D'une manière générale, c'est à la fois la diversité et la régularité qui feront qu'un traitement ou une cure soit efficace.

vendredi 30 janvier 2015

Calculette, surchauffe de cerveau et arrachage de cheveux... Bref, j'établis une ration...

Je retransfère ici un article publié initialement sur mon ancien blog.

Aujourd’hui, je pense à l’hiver qui va arriver (comment ça on est à peine en été?! je suis prévoyante c’est tout ^^) et du coup je me colle à un truc suuuuuuuuper passionnant…*roulement de tambour* … l’établissement d’une ration!…


VDM.
Comment dire? Au début, c’est pas trop compliqué, il suffit de pas se tromper dans ses calculs… Là où ça devient moins funky, c’est quand on s’attaque aux différents choix d’aliments… C’est juste l’horreur… Bon mais comme je suis super sympa (si si) et que je me suis dit que ça pourrait servir à d’autres personnes, j’ai choisi de partager avec vous mon mode opératoire… Sortez vos calculatrices, faites chauffer vos neurones et …
Etape 1: Définir les besoins
-> En matière d’alimentation équine,  l’unité « étalon » est l’UFC ou Unité Fourragère Cheval. Elle correspond à l’énergie produite par 1 kilo d’orge. Cette unité permet de mesurer l’énergie que chaque aliment va apporter au cheval ainsi que l’énergie que va utiliser le cheval pour couvrir ses dépenses énergétiques. C’est un peu l’équivalent du Kcal pour l’humain.
Les besoins énergétiques quotidiens du cheval correspondent aux besoin en énergie pour couvrir les dépenses dites « d’entretien » (calculées en fonction du poids du cheval) auxquelles s’ajoutent les dépenses « de travail » (variables suivant l’intensité et la durée des efforts fournis).
Les besoins d’entretien sont de 2,5UFC auxquelles on ajoute 0,5UFC par tranche de 100 kgs de poids vif.
Par exemple, dans mon cas (jument de 500 kgs non gestante, non allaitante), on aura: 2,5 UFC + (0,5 UFC x 5) = 5 UFC
Les besoins de travail sont de 0,5 UFC (en moyenne) par heure de travail.
Ma jument travaille environ 3h par semaine soit environ 0,5h par jour . On aura donc: 0,5 UFC x 0,5h = 0,25 UFC (on va arrondir à 1 UFC car elle travaille de manière variable).
Les besoins totaux seront donc (pour mon cas) de  5 + 1 = 6 UFC
-> A côté de ça, il faut tenir compte des besoins en MS ou Matières Sèches c’est à dire du besoin en fibres.
Pour faire très simple, un cheval a besoin de 2 kgs de MS par tranche de 100 kgs de poids vif pour couvrir les besoins d’entretien auxquels s’ajoutent les besoins de travail (ajouter 20% en plus de la ration totale de MS).
Dans mon cas, on aura donc: 2 kgs x 5 = 10 kgs (besoins d’entretien) + (20% de 10 kgs soit 2 kgs pour les besoins de travail) soit un total de 12 kgs de MS
Bilan: Je dois établir une ration qui couvre les besoins de 6 UFC et 12 kgs de MS. 
Etape 2: Choix des aliments
Jusque là, normalement, vous suivez… On passe aux choses sérieuses alors ^^…
On va surtout se pencher sur les UFC car dans mon cas, ma jument a du foin à volonté l’hiver donc elle se débrouille pour absorber la MS nécessaire et moi j’adapte mes rations en fonction de ses variations de poids (d’où l’importance de prendre régulièrement des photos au modèle pour juger de manière plus objective l’état de gras de la bestiole). Pour ceux qui rationnent le foin, c’est plus compliqué (ou simple, ça dépend des gens et des chevaux). Il faut dans ce cas-là bien penser qu’une partie de la MS va être apportée par les compléments (grains ou granulés) ainsi que par la litière si le cheval est au box sur paille (pour simplifier, on considère que grains, granulés, floconnés, fourrages contiennent 86% de MS -18% pour l’herbe-). Sur ce, bon courage à ceux qui ont des chevaux au box!
Les UFC donc… Commençons par lister les aliments que nous avons à notre disposition pour établir la ration de compléments:
Là je sens que je vous perds… Je vous explique un peu ce tableau…
On a donc le taux de Matières Sèches par kilo de produit ainsi que les UFC par kilo (il y a une erreur dans mon tableau, c’est pas UFC par litre mais par kilo de produit… la flemme de tout refaire).
La colonne MADC indique la Matière Azotée Digestible Cheval c’est à dire les protéines de chaque aliment. Le cheval étant un animal herbivore, il convient de limiter l’apport de protéines surtout pour les chevaux adultes (on augmente un peu le taux de protéines pour les poulains en croissance entre autre) à 10/12% maximum par jour en dehors du foin.
Les colonnes Phosphore et Calcium servent à calculer le rapport phosphocalcique (Ca/P) qui doit être compris entre 1 et 2 (1,5 étant optimal).
Pour info, cette liste peut être complétée à volonté avec les différents aliments (floconnés, granulés, compléments minéraux…). Moi j’ai pris ce que je pouvais facilement me procurer…
Donc donc donc… Calcul des UFC…
Déjà, commençons par l’aliment de base: le foin. Admettons que ma jument consomme 8 kgs de foin de pré par jour (je préfère compter au minimum).
8 x 0,45 UFC = 3,6 UFC
En complément, je pars sur une base de 2L d’orge… Ah oui, avant d’aller plus loin, il faut que je vous montre… ça!
Donc je pars sur 2L d’orge aplatie ce qui représente 0,92 kg à 1 UFC par kg soit 1 UFC (on arrondit un peu).
Je rajoute 1L d’avoine soit 0,33 kg à 0,88 UFC par kg soit 0,30 UFC.
Je rajoute 1L de maïs soit 0,8 kg à 1,14 UFC par kg soit 1 UFC (on arrondit encore ^^).
Si je fais le total de mes UFC, j’ai donc:
- foin = 3,6 UFC
- orge = 1 UFC
- avoine = 0.30 UFC
- maïs = 1 UFC
Soit un total de 6 UFC environ (sachant qu’en fait on est un peu en dessous car on a fait des arrondis à l’unité supérieure mais comme j’ai compté peu de foin , ça devrait se valoir). Le maïs ne sera donné qu’en entrée/sortie/coeur de l’hiver, soit approximativement en octobre/décembre-janvier/février si besoin. Il sera remplacé par de la luzerne déshydratée en novembre et mars (j’en donnerai alors moins d’1L).
Vérifions les taux importants de cette ration:
-> MADC:
2,13 kgs d’aliments distribués x 10% = 213 g maximum de MADC
1 kg d’orge à 79g/kg + 0,33 kg d’avoine à 85g/kg + 0,8 kg de maïs à 68g/kg  = 161 g   ——> OK! 
-> Ca/P:
1kg d’orge à 0,77g/kg + 0,33 kg d’avoine à 0,78g/kg + 0,8 kg de maïs à 0,26g/kg + 8kg de foin à 4,2g/kg = 34,83 g de Ca
1kg d’orge à 3,4g/kg + 0,33 kg d’avoine à 3,3g/kg + 0,8 kg de maïs à 3g/kg + 8kgs de foin à 2,1g/kg = 23,69 g de P
34,83 g de Ca / 23,69 g de P =  1,47 ——> OK!
Bilan 1: tout bon!
Bilan 2:
Minute! On n’a pas terminé! Il reste un truc primordial…

Etape 3: Calcul des coûts
Déjà je vais calculer de combien de sacs j’aurai besoin pour tenir un mois:
- Orge: 1 kg par jour soit 31 kgs par mois = 1,5 sac de 20 kgs par mois
- Avoine: 0,33 kg par jour soit 11 kgs par mois =  0,5 sac de 25 kgs par mois
- Maïs: 0,8 kg par jour soit 25 kgs par mois = 1,25 sac de 20 kgs par mois
12,42€ (sac d’orge) x 2
17,10€ (sac d’avoine) x 1
13,40€ (sac de maïs) x 2
soit  environ 70€ pour le premier achat
Puis
2 sacs d’orge + 0.5 sac d’avoine + 1 sac de maïs soit 50€ en moyenne par mois.
J’ai pris mes tarifs à la sellerie où je me fourni actuellement mais je pense pouvoir trouver moins cher à la coopérative agricole du coin ou à la grande surface « verte » de mon secteur.
Cette fois, on en a fini?
Cool!
Et bon courage à tous ceux qui vont s’y coller maintenant ^^… Attention d’ailleurs à tenir compte des particularismes (poulain, étalon en période de repro, jument gestante ou en allaitement…). Si je trouve le courage, je vous en toucherai deux mots dans un prochain post…