Je suis tombée sur un article que j'ai trouvé super intéressant.
Une petite tradoche de mon cru, désolée si c'est perfectible...
"La plupart des propriétaires pensent savoir quand leur cheval a besoin de porter une couverture ou quand il peut s'en passer. Ne serait-il pas intéressant de savoir ce que le cheval en pense vraiment? Une étude suggère que l'on peut apprendre au cheval à utiliser des symboles pour exprimer sa préférence à ce sujet.
"Les chevaux peuvent apprendre le sens de symboles abstraits et utiliser cet apprentissage pour communiquer avec les humains." (...) L'étude a été menée par un groupe de chercheurs de l'Université Norvégienne des Sciences de la Vie. Le but du projet était d'apprendre aux chevaux à utiliser des symboles pour exprimer leurs préférences par rapport à la couverture.
Des entraîneurs professionnels ont mis au point un programme d'entraînement en 10 étapes. Les chevaux ont été entraînés 10-15 minutes par jour, 5 à 7 jours par semaine. Basé sur les principes du conditionnement opérant, les chevaux ont été entraînés à s'approcher puis toucher une planche (35 x 35 cm) avec le nez, sans hésitation.
L'entraînement implique de faire le lien entre les symboles visuels sur les planches et leur signification. L'un des symboles signifie "mettre la couverture", un autre "ne pas mettre la couverture". Une fois que le cheval a compris ces symboles, on en introduit un troisième qui signifie "pas de changement". On considère que le cheval sait utiliser les symboles lorsqu'on a pu avoir 14 "bonnes" réponses (cheval qui dit "ne pas mettre la couverture" en situation de temps chaud ou "mettre la couverture" en situation de froid intense).
Tous les chevaux ayant participé à cette étude (13 sang froids, 10 sang chauds de différentes races) ont appris à faire ça. La vitesse d'apprentissage varie selon les individus. Néanmoins, le libre choix a pu être effectif dans un délai de 13 jours pour tous les chevaux. A ce stade, les réponses données par les chevaux n'étaient pas influencées ou corrigées par l'entraîneur. et la réponse du cheval était systématiquement récompensée (respectée?). A partir de là, on a supposé que les chevaux comprenaient que leur libre choix, exprimé par l'action de toucher un symbole spécifique, déterminait la nature de l'action (mettre la couverture, l'enlever ou ne rien changer) et ainsi que les conséquences de ce choix sur leur confort.
Les préférences des chevaux ont été testées dans différentes conditions climatiques: soleil, vent, pluie, neige et températures allant de -15 à +20°C. Les chevaux ont été laissé dehors pendant 2h avant qu'il leur soit à nouveau donné la possibilité de changer ou de ne pas changer le "statut" de la couverture.
Les résultats ont révélé que les choix faits par les chevaux étaient constants sur le plan individuel (un même individu donne toujours la même réponse si les conditions climatiques sont identiques) et influencé par les conditions climatiques. Globalement, les sang froids préfèrent rester dehors sans couverture plus souvent que les sang chauds.
Les chercheurs en concluent que les chevaux peuvent apprendre la signification de symboles abstraits et les utiliser pour communiquer avec les humains, comme avec d'autres espèces animales."
Quelques notions qui peuvent servir...
Un conditionnement opérant ou conditionnement instrumental est un concept du comportementalisme (le comportementalisme étant une approche psychologique qui consiste à se concentrer sur le comportement observable déterminé par l'environnement et l'histoire des interactions entre un individu avec son milieu) initié par Thorndlike et Skinner dans les années 50. Cette théorie s'intéresse à l'apprentissage dont résulte une action et tient compte des conséquences de cette dernière rendant plus ou moins probable la reproduction de ce comportement.
Le conditionnement opérant repose sur deux éléments:
- la punition: conséquence d'un comportement qui rend moins probable que le comportement soit reproduit à nouveau
- le renforcement: conséquence d'un comportement qui rend plus probable que le comportement soit reproduit à nouveau
La punition et le renforcement peuvent être:
- négatif: retrait d'un stimulus agissant sur le sujet
- positif: ajout d'un stimulus agissant sur le sujet
Pour faire plus simple, voici quelques exemples:
- renforcement positif: donner une friandise pour un exercice réussi
- renforcement négatif: arrêter de tapoter l'antérieur quand le cheval lève son pied
- punition positive: faire reculer le cheval qui "bourre" l'humain
- punition négative: retirer la nourriture du cheval qui force la bulle de l'humain pour manger
Il ne faut surtout pas comprendre les termes "positif" et "négatif" comme "bien" et "mal" mais uniquement comme "ajouter" et "soustraire".
C'est notamment sur ces notions qu'est basé le travail en R+ ou Renforcement Positif, le principe étant de récompenser les bons comportements et d'ignorer les mauvais. On est parfois quasiment obligé d'utiliser en parallèle un peu de R- ou Renforcement Négatif.
Le travail mené par ces chercheurs m'a fait de suite pensé aux études menées sur les singes à qui on peut apprendre à communiquer via un langage accessible tant par l'humain que par l'animal (langue des signes, "ordinateur"...). Bon bien sûr, les singes c'est encore un autre niveau. Mais l'idée reste la même et j'imagine que les entraîneurs des singes utilisent les mêmes méthodes pour mener leur expériences.
Alors perso, le coup des couvertures, je m'en fiche, je n'en mets pas à mes chevaux. Cependant, je me dis qu'on peut utiliser le même principe pour d'autres activités. J'ai bien envie de tenter avec mes loustics... Je vais devoir réfléchir aux expériences qu'il est possible de mettre en oeuvre à mon niveau avec mes installations...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire